L'oniomanie, c'est quoi ?
L’oniomanie, aussi appelée trouble d’achat compulsif, désigne un comportement caractérisé par un besoin excessif et incontrôlable d’acheter des biens, souvent inutiles. L’acte d’achat devient plus important que l’objet acquis lui-même. Cette habitude peut devenir difficile à contrôler et avoir des conséquences importantes sur la vie personnelle, sociale et financière.
Avec l’essor du commerce en ligne et la multiplication des plateformes accessibles via smartphones, l’oniomanie touche de plus en plus de personnes. Les publicités omniprésentes, les promotions ciblées, et la facilité d’achat favorisent et entretiennent cette dépendance.
Les raisons qui poussent aux achats compulsifs
Les déclencheurs sont multiples et différents d’une personne à une autre, parfois même d’un épisode compulsif à un autre. Ils peuvent varier selon le contexte émotionnel, les influences extérieures et l’état psychologique de la personne :
- Le besoin de dépenser rapidement l’argent disponible par peur de le perdre ou par impulsion.
- Le désir d’offrir et donner aux autres, parfois au-delà de ses moyens, dans une tentative inconsciente de “s’acheter” l’affection ou l’approbation de son entourage.
- Être entré dans un cercle vicieux : dépenser plus → travailler plus → gagner plus → dépenser encore plus.
- Le besoin de collectionner ou accumuler le plus grand nombre possible d’objets, sans réel besoin.
- La nécessité de fuir ou contrer ses émotions : combler un vide, apaiser une colère, calmer une tristesse ou réduire l’anxiété.
Quelles sont les causes de l’oniomanie ?
Les causes des achats compulsifs sont complexes et multifactorielles. Elles peuvent être liées à :
- Des troubles psychologiques associés : tels que l’anxiété, la dépression, le trouble obsessionnel compulsif (TOC) ou le trouble bipolaire. Les achats servent alors souvent à apaiser des émotions difficiles.
- Des mécanismes neurobiologiques : le cerveau dispose d’un « circuit de la récompense » qui s’active lorsqu’une action procure du plaisir. La dopamine, aussi appelée l’hormone du plaisir, renforce cette sensation. En cas de dépendance, ce circuit peut être déséquilibré : l’acte d’achat déclenche alors une libération de dopamine plus marquée, ce qui incite à répéter l’achat pour retrouver cette sensation agréable.
- Des facteurs sociaux et culturels : une société consumériste, la pression sociale à posséder, la surexposition aux publicités digitales et réseaux sociaux incitent à acheter.
- Des traumatismes passés et l’héritage familial : des expériences difficiles durant l’enfance ou modèles familiaux peuvent avoir une influence sur la manière dont une personne gère ses émotions et ses comportements.
- Des perturbations hormonales : certaines hormones jouent un rôle dans la régulation de l’humeur, du stress et des comportements. Certains déséquilibres hormonaux, comme le cortisol (hormone du stress) ou la sérotonine, peuvent influencer la gestion des émotions et du contrôle de soi. Ces fluctuations peuvent ainsi accentuer l’impulsivité et favoriser le recours à l’achat comme moyen de soulagement ou de régulation émotionnelle.
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En savoir plusQuels sont les signes des achats compulsifs ?
Il n’est pas toujours facile de repérer l’oniomanie, que ce soit pour soi-même ou chez un proche. Pourtant, en reconnaître les signes permet d’intervenir plus tôt et de limiter les conséquences sur la vie personnelle, sociale et financière.
Les signes les plus fréquents incluent souvent :
- Un besoin fréquent et irrépressible d’acheter : une envie soudaine et obsessionnelle de dépenser, souvent sans utilité réelle, qui s’impose comme une nécessité.
- L’isolement et la dissimulation : la personne préfère acheter seule, ou cacher ses achats à ses proches, de peur d’être jugée.
- La perte de contrôle : incapacité à maîtriser la fréquence ou le montant des dépenses, malgré la volonté d’arrêter.
- Des épisodes d’achats compulsifs brefs mais intenses : de courtes périodes d’achats frénétiques, procurant une excitation immédiate mais suivies de culpabilité, de honte ou de regret.
- Un cercle vicieux de consommation : travailler davantage pour compenser les dépenses excessives, ce qui alimente encore plus le besoin d’acheter.
- Des montagnes russes émotionnelles : l’acte d’achat déclenche une euphorie ou un apaisement passager, qui laisse rapidement place à la frustration, la culpabilité ou l’angoisse.
- Des conséquences négatives sur la santé mentale : les achats compulsifs s’accompagnent souvent d’anxiété, de dépression, de troubles alimentaires ou d’un sentiment persistant de vide intérieur.
- Des comportements d’évitement ou de déni : mensonges, minimisation de la situation, voire manipulation, pour masquer l’ampleur des dépenses.
Comment réagir et arrêter les achats compulsifs ?
Le premier pas consiste à reconnaître l’impact réel de ses comportements d’achat compulsif et à se questionner honnêtement :
- Quel est l’impact réel de cette addiction dans mon quotidien?
- Quels sont mes besoins réels, mes ressources financières et mes habitudes de consommation ?
Face à une addiction, il est parfois nécessaire de s’appuyer sur un accompagnement extérieur :
- Consulter un psychothérapeute ou psychiatre : ils aident à identifier l’origine de ce comportement ainsi que les déclencheurs psychologiques et émotionnels qui alimentent l’achat compulsif. À travers une thérapie adaptée à la personne (comme la TCC, l’approche psychodynamique, etc.), ils travaillent sur les pensées automatiques, les croyances, la gestion des émotions et proposent des outils concrets pour réduire les comportements impulsifs.
- Rejoindre des groupes de soutien et associations : partager son vécu avec des personnes confrontées au même trouble brise l’isolement et la culpabilité. Ces espaces d’échange favorisent la compréhension mutuelle, renforcent la motivation et permettent de s’inspirer des stratégies mises en place par d’autres.
- Aller chercher des conseillers financiers : un suivi budgétaire professionnel aide à retrouver une vision claire de ses ressources, à établir des priorités et à mettre en place des garde-fous contre le surendettement. Cette démarche complète utilement le travail psychologique en apportant des solutions pratiques au quotidien.
- Explorer une approche intégrative : certaines personnes trouvent un soutien supplémentaire dans des pratiques complémentaires comme la naturopathie, l’hypnose, l’EFT (Emotional Freedom Techniques) ou encore la méditation de pleine conscience. Ces approches, combinées à une prise en charge thérapeutique, aident à renforcer la gestion du stress et des cravings (envies obsédantes), à apaiser les émotions et à retrouver un meilleur équilibre global. Cette complémentarité des approches est au cœur de notre programme en dépendance, une cure 100% en ligne de trois mois pour tous les types de dépendance.
Pour limiter les impulsions d’achat, certaines habitudes peuvent être mise en place :
- Réduire les sources de tentation : se désabonner des newsletters commerciales, limiter l’exposition aux réseaux sociaux ou installer des bloqueurs de publicité.
- Prendre du recul avant d’acheter : instaurer un délai de réflexion (par exemple 24 heures) pour éviter les achats sur le moment.
- Garder une maîtrise concrète des dépenses : privilégier l’argent liquide plutôt que la carte bancaire afin de mieux visualiser l’argent qui sort.
Ces petits changements aident à diminuer les stimulations extérieures et à reprendre le contrôle sur ses habitudes de consommation.
Occuper autrement son temps et réguler ses émotions aide à diminuer le recours aux achats compulsifs. L’idée est de répondre au même besoin (apaisement, récompense, stimulation, lien social) par d’autres moyens :
- Réguler l’émotion : pratiquer le yoga, la relaxation, les exercices de respiration, la méditation, l’hypnose, l’écriture… Tout ce qui permet de connecter au moment présent.
- Obtenir une “récompense” autrement, par des plaisirs simples : marche rapide, musique, douche chaude, cuisine simple, jardinage, micro-pauses plaisir non marchandes.
- Stimuler sans consommer : activités créatives (dessin, photo, DIY), apprentissage court (tutoriels, langue), emprunt en médiathèque.
- Renforcer le lien social : appeler un proche, participer à une activité partagée, rejoindre un groupe (sport, bénévolat).
- Structurer les moments à risque : prévoir un créneau d’activité quand l’envie d’acheter survient, éviter les zones/horaires propices au shopping, sortir sans moyen de paiement si besoin.
Vous aidez un proche confronté à une dépendance ?
Accompagner une personne souffrant d’une dépendance ou d’un trouble de santé mentale n’est pas un rôle facile. Inquiétude, culpabilité, colère ou sentiment d’impuissance peuvent progressivement s’installer. Certains proches s’épuisent, s’isolent ou vivent un bouleversement émotionnel profond.
Il est pourtant possible de continuer à soutenir votre proche tout en préservant votre propre équilibre :
- Écouter sans juger : rester présent·e et valoriser chaque pas, même petit.
- Fixer des limites claires : préserver vos besoins et votre santé mentale.
- Encourager à consulter : proposer un soutien professionnel sans imposer.
- Se faire accompagner soi-même : comprendre les mécanismes en jeu et apprendre à aider sans s’épuiser.
Chez Synergilibre, nos services à distance pour les proches offrent un espace d’écoute et des repères concrets pour mieux accompagner sans se sacrifier.


