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Souffrez-vous d’un comportement addictif devenu dommageable ?

Article écrit pour le magazine Vitalité Québec, mai 2022


Selon la Commission de la santé mentale du Canada, on observe une amplification des symptômes de dépression et une augmentation de la consommation de substances psychoactives, depuis le début de la pandémie de COVID-19. De plus, près de la moitié des personnes souffrant d’une addiction affirment avoir également une consommation accrue. Pour plusieurs personnes, les deux dernières années ont été vécues plus difficilement et cela aurait eu un impact sur leurs habitudes dont certaines seraient devenues dommageables.

Les comportements addictifs sont nombreux. Ils concernent entre autres l’usage de substances comme le tabac, l’alcool, les drogues et certains médicaments, mais aussi le sexe (notamment l’usage de la pornographie), les écrans (les jeux, les réseaux sociaux et les achats en ligne), l’alimentation (la surconsommation de sucre par exemple), ou encore le sport, le travail, la dépendance affective.

Qu’est-ce qu’une dépendance ?

On reconnait une dépendance aux envies obsédantes (cravings), à la perte de contrôle sur l’utilisation et au fait de continuer malgré les conséquences néfastes. La dépendance est considérée comme un problème de santé mentale, dont seuls un médecin ou un psychologue peuvent poser le diagnostic officiel.

Généralement, les comportements addictifs s’inscrivent dans ce qu’on appelle communément le cycle de la dépendance. Bien souvent l’habitude dommageable a une fonction de gestion des émotions. La personne peut par exemple y recourir pour calmer l’anxiété, fuir la colère, passer par-dessus un état dépressif, effacer la gêne, combattre la fatigue, améliorer sa performance. Il y a très souvent une notion de plaisir au début, puis le cerveau comprend que le comportement remplit une autre fonction lui permettant d’amplifier ou d’éviter une émotion ou un ressenti. Cela crée une association qu’il est difficile de défaire par la suite. Ce type d’usage amène un soulagement uniquement temporaire, et avec le temps, on observe une perte d’efficacité du comportement, puisque le besoin d’y recourir est grandissant. L’individu a du mal à trouver d’autres solutions, il culpabilise et perd de plus en plus son estime de soi. Il va être amené à vivre des situations difficiles provoquées ou amplifiées par cet usage problématique, ce qui l’amène à avoir envie de recourir de nouveau au comportement devenu maintenant autodestructeur.

Plus il y a d’impacts, plus on considère que la dépendance est grave. En effet, on constate des conséquences néfastes parfois graves dans une ou plusieurs de ces sphères de vie :

  • Physiques
  • Psychologiques
  • Familiales
  • Sociales
  • Financières
  • Judiciaires

Connaissez-vous le système de récompense de votre cerveau ?

Il s’agit en fait de la région de votre cerveau qui est liée au plaisir. Qu’ils proviennent d’un bon repas, d’une récompense monétaire, d’un « j’aime » sur vos réseaux sociaux, d’une séance de magasinage, d’une rencontre sexuelle, d’une consommation de drogue, d’alcool ou de jeux vidéos, tous les plaisirs amènent sans exception, la libération d’un neurotransmetteur particulier dont vous avez sûrement déjà entendu parlé : la dopamine. Le centre du plaisir dans votre cerveau où il y a la plus grande libération de dopamine est au niveau du noyau accumbens, un amas de cellules nerveuses situé sous le cortex cérébral. Certains comportements ou substances provoquent une libération intense et rapide de dopamine. Les drogues par exemple inondent littéralement de dopamine ce fameux noyau accumbens. Une fois que cette libération massive est effectuée, la sensation de plaisir est immédiate. Le système limbique se met alors de la partie, avec l’hippocampe qui établit des souvenirs de ce sentiment rapide d’euphorie. L’amygdale, responsable de la réaction émotionnelle, favorise ensuite le conditionnement. Si notre système de récompense existe pour notre survie (eh oui, nous avons besoin de manger et de nous reproduire et, la nature étant bien faite, elle a fait de ces activités une source de plaisir), une exposition exagérée ou répétée à une substance ou à un comportement vient littéralement surcharger ce système.

Évidemment, quand on parle de dépendances, les choses sont beaucoup plus complexes que le simple circuit de récompense . Non seulement la dopamine interagit avec d’autres neurotransmetteurs, comme la sérotonine, les endorphines et l’ocytocine, qui sont en réalité, les vrais messagers du plaisir; mais elle est impliquée directement dans d’autres mécanismes cérébraux tels que l’apprentissage, la concentration, la mémoire et la motivation. Ainsi, une grande quantité de dopamine favorise un souvenir intact de l’état de bien-être ressenti, un enregistrement cérébral des informations et des conditions vécues et également, notre motivation à retrouver cette sensation. La dopamine n’est donc pas directement responsable de la sensation de plaisir, mais renforce cet effet en gravant l’information d’euphorie en mémoire et en stimulant l’envie d’y revenir. C’est le chemin vers la dépendance.

La résistance à la dopamine devient inévitable devant une libération trop grande et soutenue. On verra alors survenir une réduction de la production de ce neurotransmetteur et une réduction du nombre de récepteurs cellulaires. Les limites sont dépassées. Le cerveau tente de contrer la surstimulation du système de récompense. Des symptômes autant physiques qu’émotionnels et des cravings intenses peuvent apparaître, mais la quantité que l’on doit consommer pour retrouver un état de bien-être doit sans cesse augmenter, car le cerveau ne fonctionne plus normalement sans la consommation. C’est le cercle vicieux de la dépendance que nous évoquions plus haut.

6 questions à se poser sur nos comportements répétés :

Cette série de 6 questions n’a pas pour but de diagnostiquer ni d’étiqueter ; elle permet de susciter une réflexion et de rester vigilant sur un ou plusieurs de nos comportements.

1- Avez-vous une habitude qui prend de la place dans votre vie ? (Réseaux sociaux, jeux, alcool, cigarette, etc.)

2- Ce comportement a-t-il un impact sur votre santé et/ou sur votre vie: Professionnelle ? Sociale et relationnelle ? Physique et/ou mentale ? Financière ? D’autres impacts ?

3- Ressentez-vous des envies irrésistibles (cravings) en lien avec ce comportement ?

4- Vous arrive-t-il de ressentir de la culpabilité après avoir eu recours à ce comportement ?

5- Y a-t-il certaines émotions ou situations qui vous amènent à recourir systématiquement à ce comportement ?

6- Avez-vous davantage recours au comportement que ce que vous aimeriez ?

En répondant OUI à une ou plusieurs de ces questions, vous pourriez prendre conscience qu’une habitude de vie est en train de devenir addictive, entraîner une perte de contrôle ainsi que des conséquences dommageables. Mieux vaut intervenir précocement et être lucide sur sa vulnérabilité. Il arrive souvent que les personnes nient avoir un problème de dépendance. Toutefois, passé cette phase de pré-contemplation, elles peuvent commencer à recevoir de l’aide pour diminuer ou arrêter le comportement. Il est préférable de ne pas attendre que la situation s’aggrave et de faire appel à des services multidisciplinaires. En privilégiant une approche intégrative, on s’assure d’avoir une prise en charge globale. Voici les types d’approches à privilégier et qui ont fait leurs preuves :

La naturopathie vient supporter l’aspect physiologique en aidant le corps dans la gestion des cravings, en accompagnant le sevrage, en diminuant les différents symptômes vécus, et en soutenant la fonction nerveuse.

L’hypnose vient travailler en profondeur pour reprogrammer des fonctionnements internes ancrés depuis longtemps et de façon inconsciente.

La relation d’aide permet d’outiller la personne, de comprendre la fonction du comportement et de mettre en place des stratégies, notamment face aux cravings.

La psychothérapie et la psychologie permettent de modifier le processus mental, d’explorer l’histoire personnelle et de changer les stratégies mises en place par l’individu.

-La médecine conventionnelle intervient dans le cas de l’alcool consommé en grande quantité ou de certaines autres drogues. Le sevrage, la désintoxication et certains symptômes peuvent nécessiter de la médication prescrite et parfois une hospitalisation.

-On pourrait également nommer l’acupuncture, le yoga, la méditation, la thérapie de groupe et l’art-thérapie.

Toutes ces approches permettent d’adresser le problème de la dépendance à travers différents angles. De façon combinées, elles offrent de meilleurs résultats à la personne qui en souffre. Nous vous invitons à trouver les approches qui vous interpellent ainsi que des thérapeutes spécialisés avec lesquels vous vous sentez en confiance pour amorcer ou poursuivre votre cheminement/démarche. Il n’est pas simple de se défaire d’un comportement addictif, ne vous jugez pas et ne restez pas seul!

Article rédigé par les thérapeutes de la clinique Synergilibre : Andréanne Hatin, naturopathe agréée et Florine Nottet, fondatrice et thérapeute

Références :

https://www.ccsa.ca/covid-19-stress-amplifying-mental-health-and-substance-use-concerns-leger-poll
https://www.helpguide.org/harvard/how-addiction-hijacks-the-brain.htm?pdf=29314
https://www.healthline.com/health/dopamine-addiction#tolerance
https://americanaddictioncenters.org/health-complications-addiction/chemical-imbalance
https://synergilibre.com


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